Ce que le partenariat de Substack avec Polymarket révèle de notre moment politique
Annexe à la série Les réseaux vautours
Dans un précédent article, j’évoquais l’association entre CNN et la plateforme de prédiction Kalshi1. Il y a quelques jours, Substack s’est associé avec Polymarket, ceci intervenant quelques mois après que X se soit associé avec cette même entreprise (Elon Musk a publiquement soutenu Polymarket, comme Kalshi, avec qui X est aussi en partenriat).
Kalshi, comme Polymarket, ont des liens avec les réseaux dont je parlais dans l’article mentionné ci-dessus, réseaux qui continueront d’être développés dans d’autres articles à venir.
Pour l’instant, Polymarket est interdit en France, cela ne devrait donc pas avoir d’incidence sur la plateforme française. Cependant, on ne sait combien de temps cette interdiction restera en place, notamment suite aux élections de 2027, et eu égard de l’influence croissante des réseaux proches de Polymarket en France.2 Il faut rappeler, comme l’a écrit Olivier Tesquet, que Peter Thiel a été invité à l’Académie des sciences morales et politiques (Institut de France) pour parler de ‘démocratie’ fin Janvier (peu après que Bernard Arnault y ait été intronisé), et que ce même jour il a été reçu par Jean-Noël Barrot pour parler de “la régulation numérique, [de] démocratie libérale, [de] civilisation européenne et [de] relation transatlantique”. Dans ce contexte, il n’apparaît pas très surprenant de l’entendre reprendre, quelques semaines après, au sein de l’Assemblée Nationale des fakes news concernant Francesca Alabanese.

L’intégration de plus en plus croissante des marchés de prédiction dans diverses plateformes de réseaux sociaux, et le mariage entre ces plateformes de paris et le journalisme est extrêmement dangereux pour de nombreuses raisons, dont certaines devraient paraître claires à la lecture de cet article. Selon Substack, 1 publication sur 5 parmi les plus rentables de Substack aurait déjà intégré Polymarket pour produire du contenu.
Chris Best, cofondateur de Substack a déclaré: “Les marchés de prédiction sont une technologie émergente qui agrège des estimations en temps réel de ce qui se passera à l’avenir”. “Ainsi, tandis que le marché boursier peut vous dire combien les traders estiment que Nvidia vaut, Polymarket peut vous dire si les traders pensent que la Fed va relever les taux d’intérêt, que l’Ukraine rejoindra l’OTAN cette année, ou si One Battle After Another remportera le prix du Meilleur Film aux Oscars. Comme sur le marché boursier, ces prix offrent des informations puissantes sur la manière dont les participants évaluent la probabilité de différents résultats — chacun est libre de ne pas être d’accord sur la valeur réelle de Nvidia, ou sur le film qui gagnera, mais tout le monde voit voit le même cours en temps réel, à la seconde près. ”
Polymarket, de son côté a dit: “le journalisme est meilleur lorsqu’il s’appuie sur des marchés en direct”.
Alors que Substack s’est développé sur la promesse d’être un “outil permettant de pallier les problèmes du monde journalistique confronté aux réseaux sociaux et à leurs algorithmes”, la plateforme s’est associée à une entreprise proche du pouvoir, dont on connait en réalité l’aversion pour le journalisme, en tout cas dans sa forme qui s’apparente à un contre-pouvoir. Donald Trump Jr est conseiller tant de Kalshi que de Polymarket, et a investit dans cette dernière. Mais les proximités entre ces entreprises et le pouvoir sont en fait beaucoup plus profondes.
C’est en fait en partie l’administration Trump qui a permis à Polymarket d’acquérir l’importance qui est aujourd’hui la sienne. Shayne Coplan a créé Polymarket en 2020, “le premier marché de l’entreprise permettait aux utilisateurs de parier sur la date de réouverture de la ville de New York pendant la pandémie”, selon Forbes, mais elle a surtout gagné en popularité en ‘prévoyant’ via les paris la victoire de Joe Biden pendant la campagne de 2020. Ces paris étaient illégaux, cela lui a valu une amende (1,4 million de dollars) de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) en 2022 pour ne pas être enregistré auprès de l’agence, puis une perquisition du FBI en novembre 2024 (poursuites abandonnées sous Trump).
La plus grande croissance de Polymarket a eu lieu durant l’élection présidentielle de 2024, où les paris mettaient en tête Donald Trump. Selon Forbes, “les paris [ont totalisé] 3,6 milliards de dollars” durant l’élection. Polymarket aurait également ‘prédit’ le retrait de Joe Biden et le choix de JD Vance comme vice-président. Une fois au pouvoir, l’administration Trump a mis en place des régulations favorables à Polymarket, et a nommé Caroline Pham à la tête de la CFTC en Janvier 2025. Shayne Coplan a dit à son propos “Caroline mérite beaucoup de crédit pour avoir obtenu, en moins d’un an, l’approbation de toutes les licences qui avaient été suspendues sans raison, en tant que présidente par intérim”. Même si Polymarket opère aujourd’hui légalement, des États américains tentent toujours d’interdire, poursuivre ou réguler ces plateformes3, ce qui n’est évidemment pas du goût de l’administration Trump, et du nouveau président de la CFTC (qui régule également les cryptomonnaies), Michael Selig (nommé en décembre 2025). Il a écrit ceci dans un article d’opinion paru dans le WSJ en début de semaine:
La CFTC ne restera plus les bras croisés pendant que des gouvernements d’État trop zélés sapent la compétence exclusive de l’agence sur ces marchés en cherchant à établir des interdictions à l’échelle de l’État sur ces produits passionnants.
Polymarché, Kalshi et d’autres marchés de prédiction permettent aux participants d’acheter et de vendre des contrats liés au résultat probable d’un événement. Les clients peuvent parier sur tout, de la pluie à Los Angeles demain à qui le fera en championnat NBA, en passant par la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Les contrats sont généralement évalués entre un centime et 99 cents, ce qui correspond approximativement au pourcentage de ces clients qui croient que cet événement aura lieu. […]
La CFTC a créé la semaine dernière un ‘Comité consultatif sur l’innovation’ pour aider à la rédaction des règlements sur les cryptomonnaies et les marchés de prédiction, dont les membres comptent les PDG de Polymarket (Shayne Coplan), Kalshi (Tarek Mansour), Coinbase (Brian Amstrong), etc…
La semaine dernière, Israël a mené des arrestations de certains de ses citoyens, dont des réservistes de l’armée, suite à des paris effectués sur Polymarket. Un compte de la plateforme de paris avait fait beaucoup parler de lui sur les réseaux suite à des gains liés à ses prédictions durant la guerre des 12 jours en juin, ce qui pourrait laisser penser qu’au moins un soldat ait pu utiliser des informations classifiées pour effectuer ses paris. Un autre cas avait été reporté, d’un utilisateur qui avait gagné 400 000 dollars grâce à l’attaque des États-Unis sur le Vénézuela et l’enlèvement de Maduro. Comme le montre Joe Pompliano, dans cet article à lire absolument pour comprendre le désastre que représente Polymarket et Kalshi, ces plateformes sont idéales pour des délits d’initiés, permettant aux personnes ayant accès à des informations confidentielles de réaliser des profits monumentaux:
Alors que Kalshi et Polymarket essaient de se présenter comme neutres, (tout en ne cherchant même pas à cacher leurs affinités politiques), ces plateformes ont en réalité un réel pouvoir de transformation, de tromperie et d’influence du réel. Comme le dit J P Hill, “le marché du « parier sur tout » n’aide pas à prédire l’avenir, mais incite les gens à réaliser leurs paris”. Entre les mains du pouvoir, ces plateformes peuvent devenir un instrument politique et financier puissant, pouvant potentiellement permettre ingérence et déstabilisation, surtout quand, comme nous l’avons vu, ce sont ces mêmes personnes qui vont participer à écrire les règles censées les contrôler.4
Les marchés de prédiction ne sont pas tenus de suivre les mêmes directives marketing que les sites de paris sportifs. Alors que DraftKings et FanDuel font examiner chaque mot de chaque communication publique par peur des régulateurs d’État par avocat, Kalshi et Polymarket achètent X comptes pour générer des vues en diffusant intentionnellement des informations trompeuses.
[…]
De la même manière que les sociétés de paris sportifs inondaient tous les aspects de l’expérience des fans de publicités — partenaires médias, ligues, équipes, stades, podcasts — les marchés de prédiction feront de même dans les actualités et le divertissement. Kalshi, par exemple, s’est associé à CNN et CNBC. Ces organisations médiatiques ont des modèles économiques défaillants et sont ravies de facturer des tarifs publicitaires supérieurs à la moyenne pour promouvoir les marchés de prédiction.
Mais où trace-t-on la limite? Le cofondateur de Kalshi, Tarek Mansour, affirme que « la vision à long terme est de tout financer », tandis que Vlad Tenev de Robinhood a approfondi cette idée en affirmant que « les gens commencent à réaliser que l’utilisation des marchés de prédiction peut coûter moins cher que l’assurance conventionnelle incendie, inondation et ouragans.
[…]
La réalité est que les marchés de prédiction ne veulent pas arrêter le délit d'initié, car c'est précisément ce qui rend la plateforme précieuse. La proposition de valeur d’un marché de prédiction est qu’il peut fournir des informations avec plus de précision que quiconque. Mais la seule façon d’obtenir cette information est d’inciter financièrement des personnes détenant des informations internes à la divulguer. La plateforme peut prétendre qu’elle est plus précise que les actualités traditionnelles, et que le trader en profite.
[…]
Ces plateformes ne se contentent pas d’encourager le jeu. Ils normalisent l’idée que chaque annonce, événement et tragédie devrait être échangeable. Cela peut être un bon modèle économique pour les investisseurs en capital-risque, mais c’est un résultat objectivement terrible pour la société.
— Joe Pompliano
Ainsi, les marchés de prédiction ne sont pas seulement une manière supplémentaire de marchandiser toujours plus les choses, y compris les ‘divergences d’opinion’ (et donc d’encourager encore plus la culture du buzz et du clash), mais sont également une manière de renforcer le pouvoir d’influence de la bande mafieuse proche du pouvoir Trump, dans un contexte ou ce dernier a annoncé ouvertement qu’il pourrait ne pas se conforter aux résultats des élections et utiliser l’ICE comme moyen d’intimidation aux abords des bureaux de vote.
Avant de voir qui sont les investisseurs proches de Kalshi et Polymarket, je voudrais rappeler, pour continuer le fil de mon précédent article, qu’entre 2001 et 2003 la DARPA a développé un programme de marché de prédiction (Policy Analysis Market PAM), faisant partie de FutureMAP, avant d’être fermé, car des sénateurs l’avaient “ condamné comme un marché d’assassinats et de terrorisme”. Certains sénateurs étaient à l’époque tellement outrés que l’un d’entre eux avait dit qu’il avait du mal à convaincre les gens que ce n’était pas un canular (NYT). Aujourd’hui, ce programme est pourtant bien devenu réalité, non pas dans un programme supervisé par l’État, mais via des entreprises privées.
Le programme FutureMAP avait pour objet de faire des paris en fonction des développements politiques au Moyen Orient, sous prétexte de “prévenir les attaques terroristes”. Selon Robin Hanson, la DARPA, dans un compte rendu au Congrès, avait défini le FutureMAP comme pouvant permettre la ‘‘prédiction d’une attaque aux armes biologiques contre Israël”. C’est John Poindexter - dont je parlais dans mon article cité plus haut, et dont je rappelais les liens entre son programme (TIA) et Palantir, ainsi que l’aide qu’il a apporté aux co-fondateurs à leurs débuts5 - qui était directeur de la DARPA à cette époque, et qui a intégré le programme sous son organisation, à l’Information Awareness Office (IAO).
Dans un article datant de 2003, NBC News raconte:
« Ce n’est pas vraiment un marché du terrorisme », a-t-il déclaré lundi. « Ce que nous essayons de faire, c’est de regarder vers l’avenir d’un an et d’essayer de tirer un aperçu des courants politiques, économiques et militaires au Moyen-Orient.
Lors de la phase initiale de test, le site devait être limité à 100 « traders », choisis parmi des experts du Moyen-Orient issus d’universités et de think tanks, qui recevraient chacun 100 $ pour acheter et vendre des contrats à terme basés sur des événements dans huit pays du Moyen-Orient. Le système de trading en ligne aurait pu éventuellement être étendu à 10 000 traders, a déclaré Polk.
Les « contrats » possibles pourraient inclure des questions comme le renversement du roi de Jordanie ou l’assassinat de figures clés comme Yasser Arafat. Ces contrats couvriraient les événements dans chaque pays liés à cinq grandes catégories : la préparation militaire, la stabilité civile, la santé économique, l’implication militaire américaine et l’investissement économique américain, a déclaré Polk.
Le marché a également été conçu pour permettre le trading de « dérivés » et de stratégies complexes de couverture — liant, par exemple, la croissance économique renouvelée en Israël aux perspectives d’approbation de l’État palestinien.”
Faut-il rappeler encore, comme je le faisais dans l’article déjà cité, que Poindexter était lié à Iran-Contra, tout comme Epstein via ses liens avec Adnan Khashoggi et tout comme une partie de l’administration et alliés de Trump est liée à Epstein également.

Dans les financements de Polymarket, on retrouve un important investissement de Peter Thiel via son Founders Fund (qui a également investi dans Carbyn911, l’entreprise de Ehud Barak et Jeffrey Epstein, liée à l’Unité 8200, dont je reparlerai dans un futur article). Ce financement a eu lieu en Mai 2024, quelque jours après que la CFTC ait émis une interdiction contre les paris politiques, en vue des élections de Novembre 2024. 1789 Capital, le fonds d’Omeed Malik (ex Bank of America) et Rebekah Mercer (évoquée dans mon article précédent notamment pour ses liens avec Cambridge Analytica6), a investit dans Polymarket peu avant les élections. Après les élections, Donald Trump Jr a rejoint 1789 Capital, le fonds a de nouveau investi dans l’entreprise, et Trump Jr est devenu conseiller de Polymarket. Parmi les autres investisseurs de Polymarket, on peut lister: Blockchain Capital, Ribbit, Point72 Ventures, SV Angel, 1confirmation (fondé par Nick Tomaino et soutenu par Thiel, Andreessen) Coinbase ou Intercontinental Exchange.
Par rapport à Kalshi, dans l’article précédent je rappelai que Tarek Mansour est passé par Palantir et Goldman Sachs, et lui comme sa co-fondatrice Luana Lopes Lara sont passés par le MIT. Les deux sont également passés par Citadel. Les investisseurs de Kalshi sont notamment: Sequoia Capital, Andreessen Horowitz (a16z), Coinbase, ARK Investment Management, ou Charles Schwab.
Suite à la présentation de ces quelques éléments, il n’apparaît donc pas très compliqué de comprendre pourquoi voir CNN ou Substack s’associer à des marchés de prédiction, si proches de ceux qui ont un projet politique glaçant et sont déterminés à tout faire pour continuer à le mettre en oeuvre, est dramatique. Ce sont ces mêmes gens qui oeuvrent à attaquer l’indépendance du journalisme, qui cherchent à déstabiliser des pays, qui se font de l’argent sur la misère des crises qu’ils participent à provoquer, qui répandent la confusion et la division pour mieux régner et pouvoir plus librement miner le peu de résistances, pourtant déjà très fragiles, qui s’opposent encore à leur pouvoir politico-financier.
Même si le passage sur Kalshi arrive après un long développement, je remet ici les passages concernés, et donc hors contexte, principalement des citations:
“Le média CNN ‘s’associe à Kalshi pour intégrer les marchés de prédiction à sa salle de rédaction mondiale. Le premier grand réseau d’information à adopter les marchés de prédiction Kalshi. Une nouvelle ère médiatique est arrivée.”
— Kalshi, 03 Décembre 2025
“La vision à long terme est de tout financiariser et de créer un actif négociable à partir de toute divergence d’opinion.”
— Tarek Mansour, cofondateur de Kalshi (avec Luana Lopes Lara), 04 Décembre 2025
note: Tarek Mansour a travaillé pour Palantir, de Janvier 2017 à Janvier 2018.

“Le soir des élections à Mar-a-Lago, alors que les médias partiaux disaient que la course était un pile ou face, ma famille et mes amis proches ont utilisé le marché de prédiction Kalshi pour savoir que nous avions gagné des heures avant les médias de fausses nouvelles.
J’ai tout de suite su que je devais contribuer à leur mission. Aujourd’hui, je suis fier d’annoncer que je rejoins Kalshi en tant que conseiller stratégique.
L’équipe de Kalshi a travaillé sans relâche, a intenté un procès à l’administration Biden et a accompli l’exploit de devenir le premier marché de prédiction légal aux États-Unis. Je suis ravi de participer à leur projet.”
— Donald Trump Junior, 13 Janvier 2025
Je vous écris pour exprimer mon soutien à la demande de KalshiEX LLC visant à coter les marchés sous contrôle politique.
Depuis 15 ans, je travaille chez JPMorgan, où j’occupe actuellement le poste de directeur général au sein de sa division de gestion de patrimoine privé. J’ai constaté que la CFTC s’interrogeait notamment sur la prévisibilité des conséquences économiques des élections, condition nécessaire pour justifier des produits de gestion des risques tels que celui proposé par Kalshi. Fort d’une solide expérience sur ce sujet acquise chez JPMorgan, je serais ravi de fournir des éléments de preuve à l’appui de l’approbation du contrat.J’ai une expérience approfondie en la matière. Chez JPMorgan, le risque électoral est l’un des plus importants auxquels nos clients sont confrontés, et ils nous consultent fréquemment pour savoir comment le minimiser (autrement dit, le couvrir). […]
Les grandes banques proposent ces services à leurs clients fortunés et ultra-riches, mais Kalshi n’est pas le premier à se demander quel impact il aurait de rendre ces capacités accessibles au reste de la population qui n’a pas accès aux guichets des grandes banques et aux services de gestion de patrimoine privés : nous réfléchissons à ce type d’instruments depuis longtemps.
— Angelo Lisboa, 09 Juillet 2022
Je rappelais rapidement l’influence de Palantir en France dans l’article cité, mais il faut lire également l’article Les ingénieurs de la confusion de Sylvain Bourmeau à propos de Grand Continent.
Les législateurs de l’Iowa et de l’État de New York envisagent des projets de loi visant à réguler et à taxer les marchés de prédiction, tandis que les législateurs d’Hawaï et de l’Illinois cherchent à limiter ou interdire totalement ces plateformes. Dans le Connecticut, le gouverneur Ned Lamont a proposé un projet de loi interdisant l’utilisation des marchés de prédiction par les moins de 21 ans .
[…]
La représentante américaine Dina Titus, du Nevada, a présenté mardi la loi sur les marchés équitables et l’intégrité du sport, HB 7477 , pour modifier la CEA.
« Les marchés de prédiction ne devraient pas pouvoir contourner les lois sur les jeux d’argent des États », a écrit Titus sur les réseaux sociaux . « Les consommateurs méritent la transparence, la responsabilité et la protection contre de telles pratiques prédateurs.
La plus importante des poursuites vient du Nevada, où le Nevada Gaming Control Board a poursuivi ou engagé des actions d’exécution contre Kalshi et Polymarket, affirmant qu’ils exploitent des opérations de paris sportifs non autorisées dans l’État. Un juge fédéral a donné raison à la NGCB et a émis une ordonnance restrictive temporaire contre Kalshi pour ne pas exercer dans l’État.
Si l’on va plus loin dans les détails, c’est encore plus absurde que ce que j’ai laissé entrevoir, un exemple avec cet extrait d’un article de Forbes :
Si l’on peut jeter plus d’essence dans la folie des marchés de prévision, elle viendra probablement du monde Trump. Le fils aîné du président Trump, Donald Trump Jr., a rejoint Kalshi en janvier en tant que conseiller stratégique, alors qu’Eliezer Mishory, qui avait été directeur de la réglementation de Kalshi pendant quatre ans, a été nommé à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale de Trump (DOGE). Brian Quintenz, membre du conseil d’administration de Kalshi, ancien commissaire de la CFTC sous la première administration de Trump, a été choisi par Trump pour diriger la CFTC plus tôt cette année.
Dans une candidature déposée auprès de Forbes pour sa nomination 30 Under 30 en 2022, Mansour a désigné Emil Michael, investisseur providentiel de Kalshi, choix de Trump pour le poste de directeur technologique du département de la Défense, comme seule référence professionnelle. Il y a plus. La petite-fille de Charles Schwab, Samantha Schwab, dont la seule autre expérience professionnelle professionnelle a été au sein de l’administration Trump, a passé un an au sein de l’équipe de développement commercial de Kalshi avant de rejoindre le département du Trésor américain en janvier en tant que chef de cabinet adjointe, selon sa page LinkedIn.
https://www.forbes.com/sites/aliciapark/2025/09/15/why-billionaires-are-piling-into-prediction-markets/, 15 sept. 2025
“L’origine de Palantir vient d’un programme de police prédictive appelé Total Information Awarness (TIA), lancé sous prétexte de lutte contre le terrorisme, et géré par la DARPA puis la NSA, suite au 11 Septembre 2001. Ce programme a été proposé et développé en partie par John Poindexter - qui fut un des meneurs de l’affaire Iran-Contra avec Olivier North dans les années 80 - et cloturé (officiellement) en 2003, la même année que Richard Perle (un des architectes de la guerre en Irak) ait présenté à Poindexter Peter Thiel et Alex Karp. Ces deux derniers souhaitaient explicitement rencontrer Poindexter car ils étaient en train de lancer leur entreprise, Palantir, qui avait les mêmes fins que TIA, mais dans le privé. Leur idée fut payante, car Poindexter leur ouvrit des portes: les mois qui suivirent, l’entreprise bénéficia d’un investissement de 2 millions de dollars d’In-Q-Tel, alors que la CIA commençait à traquer Oussama Ben Laden en Afghanistan et que l’invasion de l’Irak débutait.”
6 occurences dans l’article (n’hésitez pas à ctrl+f, pour trouver les passages concernés):















